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20 août 2020

Mali : Un cocktail explosif de crise sociopolitique et de percée djihadiste dans le Sahel

Par Octavie Louisa


Le Président Ibrahim Boubacar Keita dit “IBK”, élu démocratiquement par la voie des urnes au Mali en juillet 2013 et réélu en juillet 2018, a été démis de ses fonctions par les putschistes militaires, le 18 Août 2020, après un long moment de crise sociopolitique ayant entrainée de vives protestations populaires. Plusieurs faits lui ont été reprochés, à tort ou à raison (seul l’avenir nous éclairera davantage) et ce, malgré son expérience colossale dans l’arène politique du Mali. Parmi les causes de sa déchéance, figurerait la corruption devenue endémique, la faiblesse de l’Etat à lutter efficacement contre la montée des groupuscules djihadistes dans le pays, la crise économique qui gangrène le Mali depuis un certain temps, les arrestations arbitraires et surtout la disparition inexpliquée dans les circonstances étranges, du chef de l’opposition, Soumaïla Cissé.



Ce cycle de coup d’Etat au Mali, depuis 2012, après le renversement d’Amani Toumani Touré, devient un épineux problème qui nécessite la résolution du problème de façon structurelle et durable. Il devient difficile pour le peuple malien de préserver la culture de démocratie et d’alternance politique si chèrement acquise, face au challenge sécuritaire dont le pays fait face depuis près d’une décennie. Il convient alors de rappeler que les coups d’Etat perturbent l’ordre constitutionnel et favorise l’installation et la propagation des groupuscules terroristes, toujours en quête de pouvoir et de territoire.

Le rôle des organisations internationales et sous régionales

Aux aurores des manifestations, la CEDEAO a appelé au calme, avant de dépêcher une mission de médiation pour tenter d’apaiser les tensions entre le peuple et les dirigeants. Cette mission s’est soldée par un échec cuisant de la CEDEAO qui n’a pu trouver un compromis pouvant satisfaire les deux parties. Plusieurs experts ont convenu de ce que les moyens de médiation déployés par cette organisation sous régionale n’ont pas été pris en compte par le pouvoir déchu, afin de juguler cette crise sociopolitique, surtout en cette période de Covid-19. Ce qui a obligé les populations à se rendre massivement dans la rue, en bravant le coronavirus, pour se faire entendre.

Quant à l’Union Africaine, le peuple Malien déplore son « laxisme légendaire » face à une crise d’une telle ampleur. Ladite institution ne s’est pas impliquée en envoyant une équipe sur le terrain pour s’enquérir réellement de la situation sociopolitique mais, elle n’a pourtant pas hésité  à opter pour une suspension du Mali dans ses instances de décision au lendemain du push, ce qui a encore alimenté la colère des maliens et d’autres africains, qui lui reprochent d’être simplement un « club de retrouvaille des Chefs d’Etat corrompus  qui se soutiennent les uns les autres dans les tripatouillages constitutionnels et le massacre de leur population pour la soif de pouvoir ». Le peuple malien n’a pas caché son mécontentement contre cette institution continentale qui n’a pas daigné s’activer pleinement dans la recherche d’une solution viable et durable afin d’éviter le push, qui a peut-être été leur dernier recours, pour se libérer d’un régime inefficace qui n’a pas su combler leurs attentes.

S’agissant de l’ONU et de l’Union Européenne, leurs sanctions ont été considérées comme des supputations qui d’ailleurs n’ont aucun impact considérable dans la vie du citoyen malien lambda. Elles demeureraient des institutions politiques qui condamnent depuis des bureaux sans apporter des solutions idoines et durables.

L’impact du coup d’Etat du 18 aout 2020 sur les efforts du G5 Sahel

G5 Sahel

Les pays du G5 Sahel (le Tchad, le Niger, le Burkina Faso, le Mali et la Mauritanie) luttent énergétiquement contre les groupuscules terroristes qui sévissent dans ladite région. Tous ces pays transfrontaliers font face à l’insécurité galopante à cause de la barbarie et de l’activité intermittente des groupuscules terroristes. Cette dégradation du tissu sécuritaire asphyxie l’économie et entrave la libre circulation des personnes et des biens, d’où la volonté commune de ces pays à s’unir, afin d’éradiquer ce fléau qui ne cesse de gagner du terrain. Depuis sa création en 2014, l’opérationnalisation du G5 Sahel a pris du retard à cause d’un certain nombre de défis avant de connaitre son effectivité en 2019. Les troupes sur le terrain ont été confrontés à plusieurs défis dont : le sempiternel problème de financement, le manque d’équipement de pointe, le manque de formation et le nombre insuffisant des ressources humaines. Outre ces défis de déploiement, il y a aussi le défi de sensibilisation et d’éducation des peuples vivants dans les zones de conflit ainsi que la gestion des crises intercommunautaires entre les peuples transfrontaliers. Le renforcement des capacités des troupes du G5 Sahel par la Chine, les Etats Unis d’Amérique et la France ont permis aux troupes sur le terrain de faire des avancées notables.

Cependant, avec les nouvelles données du push intervenu au Mali le 18 Août 2020, les troupes du G5 Sahel risqueraient de voir leur mission être perturbée par les revendications multidimensionnelles des populations, l’escalade des conflits communautaires, l’explosion des contaminations due au Covid-19, la résurgence de l’insécurité et une décomposition du tissu social, difficilement reconstruit après moult tumultes sociopolitiques. La situation sécuritaire actuelle au Mali crée un vide politique et un trouble institutionnel, qui rend propice le renforcement de l’hégémonie des groupes terroristes à l’instar de l’Etat Islamique dans le pays, comme à l’image du Burkina Faso au lendemain des soulèvements de 2014 ayant conduit au départ du pouvoir de l’ancien président, Blaise Compaoré. C’est dire que ces groupuscules terroristes s’imprègnent des réalités sociopolitiques en scrutant les failles possibles et progressent en prenant avantage sur les systèmes politiques déchus, ce qui a pour corollaire la déconstruction du tissu sécuritaire et socio-économique. Ce climat apocalyptique leur permet, en effet, de s’implanter, d’étendre leur territoire, de recruter de nouvelles ressources humaines, de se procurer des ressources matérielles de pointe, tout en renforçant leur logistique et de planifier de futures attaques.

Quel avenir sociopolitique pacifique et durable pour le Mali?

Visiblement, le peuple Malien festoie et se félicite d’avoir évincé leur Président qu’il qualifiait d’incompétent et de « valet de la France » pour n’avoir pas satisfait leurs attentes. Cela est légitime dans la mesure où le peuple est souverain et c’est lui qui peut révoquer, selon l’ordre constitutionnel, ses représentants s’il estime que ceux-ci n’ont pas atteint les résultats escomptés. Dans le cas échéant, une simple procédure de destitution, comme en Afrique du Sud ou au Brésil n’aurait-elle pas été plus mature et plus sage de leur part, afin de préserver la paix et l’ordre constitutionnel ? Le peuple n’aura-t-il pas, plus tard, un sentiment de regret et d’amertume en constatant que sa lutte a été appropriée par les imposteurs qui ne jurent que par leurs intérêts égoïstes ? Ce coup d’Etat insufflera-t-il avec un vent nouveau capable d’améliorer les conditions de vie du Malien lambda ? A l’instant présent, le peuple Malien a-t-il la garantie qu’un autre président pourra venir à bout de tous les maux qui ont été reprochés à ses prédécesseurs sans interférence des pays occidentaux? Les attentes des populations seront-elles comblées comme avec un bâton magique ?

L’espoir, c’est de voir les putschistes qui, en effet, ont promis d’assurer la transition vers les élections libres et démocratiques dans les meilleurs délais, tenir parole et que cela se solde par un issu favorable et profitable pour le peuple Malien qui semble avoir obtenu gain de cause suite au départ d’IBK, départ réclamé par des milliers de manifestants depuis plusieurs jours.

La situation sécuritaire du Mali demeure précaire et la stabilité politique est encore volatile, car l’Etat de droit reste à reconstituer puisque l’ordre constitutionnel est, une fois encore, bafoué par des acteurs non politiques. C’est un processus qui prendra du temps ; certes, le peuple est souverain, mais après un retour au calme, ces soulèvements risqueraient d’être davantage un moment de désillusion que d’espoir. L’histoire se répète et les faits sont têtus. Une grande partie de la population se rendraient compte que son combat et ses revendications n’ont pas été respectés tels que souhaités. Gardons espoir pour un avenir sociopolitique radieux dans un Mali libre de coups d’État cycliques et respectueux de l’ordre constitutionnel.

 

Octavie Louisa est une experte en Gouvernance et en Intégration Régionale, passionnée des questions de droits de l’homme, genre, résolution des conflits, paix et sécurité humaine. Elle est la co-fondatrice de l’ONG Weziza Afrika basée au Bénin et opérant sur le continent. Elle dirige, en qualité de Directrice, l’Institut Weziza Afrika pour la Gouvernance et les Droits de l’Homme dont le mandat touche les questions thématiques de justice transitionnelle, le genre dans la paix et la sécurité, la résolution des conflits, la paix et la sécurité humaine.

20 février 2020

Diplomatie: Comment le Bénin peine à "décrocher" des positionnements dans l'Union africaine


La semaine écoulée, une certaine presse locale béninoise a titré dans sa "une" que le Bénin aurait “décroché” un poste au sein du Conseil de Paix et de sécurité de l’Union africaine. Ce titre m’a fait un peu sourire quand j’imaginais comment la communication (j’ai fait un court séjour dans le monde de la communication) d'une telle annonce pourrait faire croire que mon pays avait réalisé un exploit ! J’ai alors jugé utile, à travers ce petit billet qui n’est soutenu par aucune raison politique, d’édifier ceux qui s’intéressent aux choses du monde diplomatique comme moi, sur les tenants et aboutissants. Une fois de plus, mon billet doit être vu comme un outil de renforcement de capacité sur le sujet, au regard de ma modeste expérience de 7 ans dans le monde politico-diplomatique d'Addis-Abéba d'où j'apprends chaque jour:

Non, le Bénin n’a vraiment rien « décroché » lors du sommet de l'UA.
"Avoir décroché quelque chose" suppose qu’on s’est battu pour cette chose, contre vents et marrés et qu’on ait pu l'obtenir quoique cela ne nous est pas, à priori, destiné. 
Ici, dans l’action diplomatique, «décrocher» signifierait que la diplomatie béninoise aurait  planifié, aurait nourri la vision, aurait engagé des actions de lobbying et de concertation constante et activé des accords bilatéraux avec des pays amis pour « parvenir » à être élu au Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine.- Il n'en était pas le cas, puisque le siège au CPS nous revenait de droit, selon la rotation par pays par ordre alphabétique au sein de la région de l'Afrique de l'Ouest (par extension la CEDEAO). J’explique. 

La liste alphabétique des pays de notre région commence par le Bénin. Les ambassadeurs de la CEDEAO devraient, au moyen des concertations, s’entendre pour choisir 4 Etats membres pour siéger au CPS: l’un pour un mandat de 3 ans et les 3 autres pour un mandat de 2 ans, bien sûr, renouvelables.

Ainsi, depuis sa création en 2004, tous les Etats de la CEDEAO venaient en 2019 de boucler chacun deux mandats de 2 ans (2008-2012 pour le Bénin), à l’exception du Nigéria qui a cumulé près de 14 ans. Par conséquent, on reprend la liste par le premier pays par ordre alphabétique, d’où la désignation automatique et sans procès du Bénin! Donc, notre pays ne pouvait  ne pas siéger au CPS à compter du 1er avril 2020 !
Par conte, on pourrait qualifier d’exploit, la désignation du Bénin pour un mandat de 3 ans, ce qui ne fut pas  le cas.

Que fait alors la diplomatie béninoise en Afrique - pour les béninois?
Du point de vue de positionnement des béninois (et Dieu sait que nous avons des cadres de par le monde), je suis tenté de dire « RIEN ».
A la date d’aujourd’hui, le BENIN n’a officiellement aucun poste dans la sphère de l’UA. 
Tenez juste les statistiques suivantes- Le pays n’a aucun de ses citoyens :
  • parmi les 10 membres de la Commission de l’UA - CUA (Président, Vice-président et 8 commissaires),
  • parmi les 8 directeurs de département que comporte la CUA,
  • parmi les 15 Directeurs centraux de la CUA,
  • parmi les 13 Conseillers au service du Président et du Vice-président de la  CUA,
  • parmi les 7 Représentants permanents de la CUA auprès des institutions internationales/régionales basées à New York (USA), Bruxelles (Belgique), Genève (Suisse),  Beijing (Chine), Caire (Egypt.), Lilongwe (Malawi),
  • parmi les 13 Représentants spéciaux, Chefs de Bureau de Liaison de la CUA,
  • parmi les 9 Hauts représentants de l'UA,
  • parmi les 4 Envoyés spéciaux du Président de la CUA,,
  • parmi les 7 Représentants Spéciaux du Président de la CUA.

Au total, si mes calculs sont bons, AUCUN des 86 hauts fonctionnaires politiques de l’Union africaine n’est béninois.

C’est la faute à qui? Ne me demandez pas, parce que moi–même je cherche encore la réponse. Pourtant, le Bénin fait partie des premiers Etats à mettre en œuvre la mesure de 0.2 % de taxe sur les importations éligibles destinée à financer l’Union africaine, et notre pays honore ses engagements financiers vis-à-vis de l'Union! Alors, comment la Diplomatie béninoise n’arrive pas à rentabiliser les 220.518,76 dollars américains (soit environ plus de 122 millions de francs CFA) que le pays paiera en 2020 à titre de contribution, une somme qui sera mobilisée sur les impôts du contribuable national ?

Pire (ou mieux encore), à l’heure où nous écrivons,
  • le  Bénin n’est ni membre de bureau, ni simple membre d'un des 4 comités ministériels au niveau du Conseil Exécutif de l’UA,
  • aucun ministre béninois n’est membre de bureaux des 14 Comités techniques spécialisés (CTS) de l'UA, comités qui rassemblent les ministres sectoriels,
  • le Bénin n’est membre d’aucun bureau des 11 sous-comités du Comité des représentants permanents (COREP), c’est-à-dire, l’Union africaine au niveau ambassadorial, alors même que le Mali, le Burundi et le Congo sont dans plusieurs bureaux à la fois. Est-ce une question de masse de la contribution au budget de l’Union africaine ? NON, le Bénin contribue  plus que le Burundi, par exemple.
  • Le Bénin N’ABRITE AUCUN des 30 Organes ou Institutions spécialisées ni Bureau de liaison de l’Union africaine, pour qu’au moins des nationaux puissent occuper des postes, tout au moins d’exécutants. A considérer que l'acceuil d'un organe est relativement couteux pour l'Etat, sur le long terme, cela contribue à faire tourner l'économie locale avec des réserves étrangères. Si non, comment compendre que des pays comme l'Ethiopie, le Kenya, le Cameroun, l'Afrique du Sud, l'Algérie, etc... se battent à chaque occasion pour recevoir sur leur territoire, les institutions de l'UA?
Et pourtant, notre pays a démontré son panafricanisme en facilitant les procédures d'entrée des frères africains sur son territoire "sans visa", faisant de lui le 1er pays le plus ouvert aux africains. 

Convenez alors avec moi qu'il n’en faut pas plus pour que le Président Patrice Talon soit désigné « Champion sur la libre circulation des personnes » et inciter la création, pour le présider, d'un Comité de Haut niveau pour la libre circulation des personnes en Afrique, dans le but de réaliser les aspirations de l’Agenda 2063 y relatives. 

Tout béninois, dans la diaspora pourrait, s’il en est investi autrement, devenir un puissant outil dans la main de la diplomatie. Seulement, que la voie soit tracée par le Chef de la Diplomatie ! Nous sommes au service de notre cher pays que nous voudrions voir briller davantage. Rien d’autre !!!

30 janvier 2018

Sommet de l’UA: Comment Patrice Talon et Aurelien Agbénonci ont vendu moins cher le Bénin à Addis-Abéba

Enfin ! Le Président Patrice Talon a, pour sa première fois, participé aux travaux de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine. Depuis sa prise de fonction, bien que le Président béninois ait eu des attaches avec certains présidents africains, notamment le Rwandais Paul Kagamé, le togolais Faure Gnassingbé et l’ivoirien Alasane Dramane Ouattara, il avait raté l’occasion en or de se présenter à ses pairs africains pour bénéficier de leur estime et de leur soutien politique pour son mandat. Mais faisons preuve d’indulgence à son égard puisque sa santé n’a pas du tout aidé quand il avait manifesté son ardent désir d’être au sommet de juillet 2017 pour se rattraper.  

Curieusement, il me semble (et c'est l'avis de beaucoup, y compris des non-béninois) que le Président Patrice Talon n’a pas été assez préparé pour s’introduire auprès de ses collègues de la Conférence des Chefs d’Etat. Cela s’est noté dans sa brève allocution (cliquer ici pour la suivre). 

En fait, qui suis-je moi pour voir d'un oeil critique, en toute objectivité et en fonction des petites connaissances que j'aies de ce domaine, cet état de chose ? Personne, un simple jeune béninois « taloniste inconditionnel» soucieux de voir son pays rayonner dans l’arène politique africaine ; un simple jeune béninois perfectionniste qui a passé 5 ans dans le milieu politico-diplomatique à Addis-Abeba, capitale politique de l’Afrique ; un jeune béninois qui a quand même servi et travaillé avec 4 ambassadeurs dont 2 des Etats-Unis d’Amérique (à un poste d’offensive diplomatique du département d’Etat américain et de l’USAID en conjonction avec l’Union africaine), un ambassadeur béninois et un autre guinéen pendant même que la Guinée était présidente en exercice de l’Union africaine.

Comment Patrice Talon et la délégation auraient-ils mieux vendu le Bénin ?

-          Une impréparation apparente 
Il parait que le Président Talon a été pris du coup et qu’il ne savait pas qu’il allait faire un discours d’introduction ! Je crois savoir qu'il est de culture ou coutume de l’UA que tout président élu entre différentes sessions, soit présenté à la Conférence. Donc Patrice Talon devrait avoir été briefé par les personnes compétentes sur cela. Mieux, le Ministre Agbénonci devrait avoir été préparé puisqu'il a conduit la délégation à deux Sommets : Juillet 2016 (kigali), Janvier 2017 (Addis-Abéba). Et si par extraordinaire celui lui a échappé, notre Ambassadeur, Représentant permanent du Bénin auprès de la Commission de l’UA devrait s’en souvenir et préparer un discours (parce que on ne sait pas jamais), en plus d’en faire mention dans sa note d’orientation du Sommet.

-         Un discours non écrit
En cette matière, il est dangereux pour le Président Talon d'avoir un style libre surtout lorsqu’il s’agit d’une adresse aux Chefs d’Etat et que Patrice Talon n’est pas un politicien pur et dur! Ou tout au moins, les points de son intervention devraientt être écrits sur papier pour lui permettre d’avoir une « meilleure » suite dans les idées et de faire facilement mouche. Si le Président Talon n'a pas fait de discours parce qu'il a été pris de surprise, pourquoi les Présidents libérien et angolais ne l'ont pas été?

-          Une allocution qui pourrait avoir été historique
Dans son allocution, Patrice Talon aurait pu rappeler à son audience que depuis l’avènement de l’Union africaine en 2000, le Bénin a été très actif notamment dans l’élection de l’ancienne Présidente de la Commission de l’UA, dans un contexte particulièrement marqué par la méfiance et l’immobilisme institutionnel mélangé au manque de confiance et que cette élection avait permis de faire élire une femme pour la première fois à la tête de l’institution et d’engager, subséquemment, la promotion des femmes à tous les niveaux. Il devrait rappeler que le Bénin a fait partie des tous premiers pays à s’inscrire au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) et qu’il a fait des progrès depuis lors dans sa gouvernance (même s’il n’avait pas de preuve à apporter) et que la lutte conte la corruption est son cheval de bataille depuis son accession au pouvoir.

Le président dans son allocution aurait dû faire cas de la foi et de la détermination du Benin à promouvoir le panafricanisme. Il aurait marqué les esprits en disant que, quoiqu'il n'arrivait pas à participer aux sommets, il a sauté depuis Septembre 2016, les barrières de visa à tous les citoyens africains pour une durée de 3 mois et qu’il invite alors tout le monde à explorer les opportunités de commerce et d'investssements au Bénin! Cela aurait réussi à attirer des applaudissements de l’audience et augmenter sa cote de popularité ! Dans le milieu diplomatique, réussir à avoir autant d'applaudissent possible de la part de l’audience est une indication de ce que sa sortie politique est réussie, modestie mise à part !

L'idée que le Ministre des affaires étrangères aurait exploiter pour rattraper les choses, c'est immédiatement de programmer une conférence de presse, à défaut de sortir une note diplomatique rédigée en moins de 2h de temps par les cadres et la faire circuler dans les médias présents à la conférence de presse (et Dieu sait que les 60+ médias présents en raffoleraient) ! 

Au demeurant, c'est vrai je n'ai pas fait la diplomatie à l’ENAM et que mes quelques cours de DRI à la faculté de droit ne m'en donnent guère les aires! Les aptitudes de diplomatie s’acquièrent aussi sur le terrain ! De plus, travailler dans les organisations internationales, fussent-elles les Nations Unies, ne veut pas forcément dire qu’on en maitrise tous les contours! Le Bénin a besoin d’aller à l’école des anglophones, surtout que le pays a manqué l’opportunité d’installer l’Institut de renforcement des capacités des diplomates, tant prôné par le Professeur Okanla, ancien ministre des Affaires étrangères !


Nota bene : Cet article est juste mon point de vue et n’a aucune connotation politique, ma personne n’appartenant à aucune obédience ou chapelle politique ! 

03 octobre 2017

Tirer pleinement profit du dividende démographique dans la région du Sahel: Contribution de Zayrah Sahel


Le 30 Septembre 2017, s’est tenu le premier numéro des « Samedi du Sahel » à l’Institut Africain de Management (IAM) de Dakar, Sénégal. Organisé par Zayrah Sahel, le sujet de cette causerie-débat était : « Comment tirer profit du dividende démographique dans la région du Sahel pour renforcer sa gouvernance ?». Elle entre dans le cadre du thème de l’année,de l’Union Africaine, intitulé: « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ». Elle a connu la participation des organisations de jeunesse des pays du Sahel présents à Dakar, d’universitaires, d’activistes et de journalistes.

La diversité des participants composée en majorité de jeunes et la participation active aux discussions ont démontré combien crucial est la question du dividende démographique et de sa gestion pour une meilleure gouvernance dans la région du Sahel. Modéré par M. Michaël MATONGBADA (Coordonnateur de Zayrah Sahel), le panel de discussion était constitué de M. Cheick SECK (Economiste-Planificateur), Mme Fanta DIALLO (Sociologue, activiste et blogueuse à GalSenCitizen) et M. Babacar NDIAYE (Chargé des opérations, WATHI Think Tank). 

Les échanges ont débuté par une présentation de l’objectif visé par les « Samedi du Sahel » qui se veut être une plateforme de réflexion où les jeunes s’approprient des questions d’importance majeure pour la région et mettent leur créativité au service de la résolution de ces défis, et ce, dans le cadre des responsabilités de la jeunesse africaine contenues dans l’article 26 de la Charte Africaine de la Jeunesse. Les échanges ont permis de démystifier le terme : « dividende démographique » et ont progressivement permis d’établir son lien très étroit avec la gouvernance. 

En effet, il a été démontré au cours des débats que face à la proportion relativement grande de la population en âge de  travailler que connaît les pays du Sahel et le Sénégal (comme les autres pays de l’Afrique), il faut pouvoir en saisir l’opportunité, au risque qu’elle devienne une menace. 

Et pour cela, la réponse des Etats concernés, des communautés économiques régionales, des acteurs de la société civile, du secteur privé et de la jeunesse est très importante. Les jeunes présents ont pris la mesure de l’urgence, et à cet effet, ont exprimé leur engagement à s’investir davantage dans la création de richesse et d’emplois dans leurs pays mais également de contribuer au renforcement de  la coopération économique régionale et à l’autonomisation des jeunes. 

De nombreuses recommandations ont été adressées à l’endroit des décideurs nationaux, régionaux et internationaux, notamment :
  •  Améliorer l’éducation à travers une éducation de qualité pour tous, en adéquation avec le marché de l’emploi;
  • Réduire la proportion de jeunes sans emploi à travers la création d’entreprises et d’emplois durable ;
  •  Valoriser le secteur privé local des pays de la région car il contribue fortement au secteur public ;
  •   Renforcer la coopération régionale et nos Communautés Économiques Régionales afin d’en tirer pleinement profit pour une meilleure gouvernance (politique, économique, sociale) de nos pays ;
  • Investir dans la santé et le bien-être des jeunes et des femmes ;
  • Renforcer les capacités des jeunes pour leur permettre une meilleure contribution à la gouvernance dans leurs pays et une autonomisation.

En conclusion, cette conférence-débat a montré l’intérêt de la question pour les jeunes de la région et des membres de la société civile mais également le défi qu’il constitue pour nos Etats et le bien-être de ses populations. Il est important d’informer et de sensibiliser la jeunesse sur cette question que bon nombre ignorent et considèrent illusoire. La pléthore de questions a montré que cette thématique devrait être amplement discutée et les actions en cours par les Etats de la région du Sahel et le Sénégal devraient être exposées à la connaissance de la population et les efforts doivent être consolidés.

Un article de l'Equipe Zayrah Sahel

28 septembre 2017

Gouvernance: Pourquoi le Sahel (et le G5 Sahel) doit compter sur sa jeunesse pour mieux se porter!


Copyright: RFI

Depuis sa création en Février 2014 par cinq États du Sahel : Burkina Faso,  Mali, Mauritanie, Niger et Tchad, le G5 Sahel se met progressivement en place. Le G5 Sahel ou « G5S » est dit être : « un cadreinstitutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale enmatière de politiques de développement et de sécurité »




Bien que tous ces pays appartiennent déjà à des ensembles régionaux différents, le G5 Sahel était facile à réunir, en fonction d’une homogénéité entre ses peuples et la position géostratégique de la région qui se veut être le nid de la radication de la jeunesse africaine favorisant ainsi le développement d’activités terroristes. La région offre malheureusement la facilitation de l’émigration des jeunes ouest africains vers l’Europe, par les routes méditerranéennes, sans oublier que le Sahel connaît des conflits ethniques latents et une insécurité grandissante née de plusieurs facteurs dont la question de la gestion d’eau, causée par les changements climatiques.

Avec une telle fragilité de ses Etats, l’examen des questions liées au dividende démographique semble devenir une priorité en Afrique pour, non seulement convertir la force et la poigne des jeunes (surtout lettrés) dans leur activisme pour un bien-être en une force ouvrière, mais aussi concentrer leurs efforts sur une approche plus globale de la gestion de la chose publique, au triple niveau de la gouvernance étatique: politique, économique et sociale.

Dans la quête des solutions pour une meilleure de gouvernance politique, la garantie de la pratique démocratique dans tout son ensemble, la réalité de l’alternance et de la transparence lors des élections, la promotion des droits civils et politiques les plus basiques sont autant de sujets qui pourraient positionner la jeunesse comme le plus fort maillon et avant-gardiste de la société. Le volontariat d’une jeunesse, si bien formée et engagée, peut aider à s’assurer que le droit de vote de tous les citoyens est respecté et sécurisé.

En matière de gouvernance économique, une plus grande part de la résolution des questions peut être dévolue à la jeunesse qui peut aider à trouver des solutions durables à la lutte contre les crimes économiques, développer l’économie rurale, renforcer l’efficacité de l’administration publique, réduire les dépenses liées à la santé publique (par exemple) tout en se basant sur leur sens d’imagination, d’innovation et de créativité.

Sur le registre de la gouvernance sociale, il est possible de réussir à convertir les jeunes, grands bénéficiaires des services sociaux de l'Etat, en acteurs, catalyseurs et leaders des initiatives de haute portée sociale, dans le sens d’une « auto-autonomisation » pouvant être dupliquée et élargie. Pour ce faire, la jeunesse de chaque Etat, qu’elle se trouve à l’intérieur du pays ou dans la Diaspora, pourrait faciliter un transfert de compétence et de valeurs qui véhiculent le travail, l’amour de la patrie, le sens de la collaboration, de la diversité et de la tolérance entre ethnies, classes et castres sociales.

Pour y arriver, il requiert, tout banalement, que la jeune génération actuelle, mieux que par le passé, s’approprie les questions d’importance majeure pour la région à laquelle elle appartient et prenne ses responsabilités, tel qu’exige l'article 26 de la Charte africaine de la Jeunesse. ! 

C’est dans ce contexte que loin des grands et sporadiques fora dont les résultats font encore attendre, Zayrah Africa, une Agence de développement créée et gérée par des jeunes africains, à travers sa coordination régionale « Zayrah Sahel », a pensé à une mobilisation CONSTANTE, MENSUELLE des jeunes de la Diaspora de la Région du Sahel, au cours des « Samedi du Sahel ». Le simple but de cette initiative est d’accroître durablement la participation et la contribution des jeunes aux efforts de gouvernance de leurs pays respectifs et de la communauté.



Pour sa première édition prévue le 30 de Septembre 2017 à Dakar à l’Institut Africain de Management (IAM), le « Samedi du Sahel » articulera les discussions autour de : « comment tirer profit du dividende démographique dans la région du Sahel pour renforcer sa gouvernance ». Ce sera une conférence – débat  suivie de propositions, de recommandations et surtout d’engagements des participants à aider, même à un niveau micro, à l’édification d’une meilleure gouvernance, tant politique, économique que sociale, au sens de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance.

Ce numéro 1 des « Samedis du Sahel », qui regroupera des membres de la société civile, d’universitaires, de chercheurs, d’autorités politiques et étatiques et d’organisations de jeunesse de la région du Sahel et du Sénégal, permettra de proposer des recommandations pertinentes à l’endroit des décideurs pour une meilleure capture du dividende démographique dans la région afin de renforcer sa gouvernance.

Il faut souligner que ce sujet de discussion entre dans le cadre du thème de l’année 2017 de l’Union africaine, intitulé : « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ».


Zayrah Sahel est membre de la société civile Ouest et est basée au Sénégal. Il fait partie du réseau de Zayrah Africa basé en Afrique du Sud et présent en au Mozambique, en Tunisie, au Bénin et au Cameroun (à travers Zayrah Foundation). Pour de plus amples informations, veuillez contacter le Coordonateur de Zayrah Sahel, Monsieur Michael MATONGBADA par email : info.zayrahsahel@gmail.com ou par téléphone : +221 77 476 79 46.

11 novembre 2016

Gouvernance au Benin: Comment Koupaki et Bio Tchané cautionnent l’amateurisme et la médiocrité au sommet de l’Etat


Phote credit: BeninWeb 
On a tant vanté, leur mérite depuis le gouvernement MK1 (Matthieu Kerekou 1), mais les ministres Koupaki et Bio Tchané semblent loin d’être des hommes de rigueur. A peine 8 mois au gouvernement de rupture que les deux candidats malheureux aux dernières présidentielles, qui ont accepté (ou ont voulu) contribuer au développement du pays par leur présence (à tout prix) au gouvernement Talon, font déjà montre de légèreté dans la gestion du pays. Si certains observateurs pensent que le Président Talon, du fait de sa personne « étrangère » à la gestion administrative et publique, n’a point en main le gouvernail du pays, d’autres comme moi d’ailleurs ont tôt fait d’accorder une confiance aveugle aux deux cadres du monde des finances internationales. Le parcours de Koupaki, ancien directeur de Cabinet d’Adrien Houngbédji (en 1996), Ancien ministre du Plan, Ancien Ministre des Finances, et ancien premier ministre, demeure une raison suffisante pour se demander s’il rend service au Benin en étant l’actuel « tout puissant » Ministre d’Etat. Ma légitime peur reste que le ministre Koupaki vienne encore dans 3 ans, comme il sait habillement le faire, se dédouaner et se désolidariser de la gestion de Talon ! L’excuse ne pourrait non plus jouer en faveur du Ministre Tchané qui semble-t-il être très occupé par le développement du pays au point de compromette sa « rigueur » chèrement vendue aux béninois lors des campagnes électorales. C’est à son risque et péril que, lors de son installation, il a laissé entendre ouvertement aux pseudo-cadres placés dans son département ministériel par erreur par abus du régime défunt, d’y rester. Il avait naïvement cru que ses futurs collaborateurs avaient de la matière. Mais non !

De quoi s’agit-il exactement ?

Avez-vous lu le document intitulé « programme d’action du gouvernement 2016-2021 » (PAG), produit par la Direction Générale des politiques de développement du Ministère du plan et du développement et qui serait adopté par un conseil des ministres de fin Août 2016 et largement diffusé par les medias en ligne ? Si non, vous seriez déçu de savoir qu’il a été fait avec précipitation, dans un esprit de désinvolture totale, d’amateurisme, avec une prime à la médiocrité de haut standing dans la rédaction d’un document stratégique rendu public. Rassurez-vous: je suis Taloniste, mais on ne peut tolérer une médiocrité de cette taille à la tête d’un pays. Ce serait une insulte à l’intelligence de ses diplômés et citoyens !

A première lecture, ledit document dénote d’un amateurisme notoire dans la rédaction de document stratégique dans sa forme de présentation qui aurait pu avoir l’aspect d’un document scientifique comportant un préface qui relaterait les études, audits et états des lieux effectués par le gouvernement Talon dans les 6 premiers mois ou, à défaut, ceux dont le gouvernement entend exploiter, ainsi qu’une table de matières et des chapitres, sous titres et autres, bien élaborés. L’absence chronique de graphiques et, tout au moins, de scorecards a laissé place à un trop plein de littérature rendant le programme, tel que présenté et publié, de qualité moindre qu’un projet d’exposé d’un élève du collège. En plus, le document aurait pu être toiletté des fautes de grammaire et de conjugaison qu’il regorge, lesquelles incorrections ne devraient nullement venir d’un si haut lieu. Ledit document aurait pu aussi être décongestionné de ses répétitions inutiles sur plusieurs lignes. Cela donne une impression qu’on a plutôt cherché à remplir les pages pour en venir forcement à 23, alors même 10 pages bien rédigées en vaudraient largement mieux. Au pire des cas, on pourrait confier un tel document à un étudiant en fin de cycle doctoral avec pour tache de le rendre lisible, scientifique et professionnel. Cela aurait rien couté à l’état, en tout cas, pas le 10ème  des sous engloutis dans les commissions réformatrices!

Si la forme a déjà manqué de sérieux, n’avons-nous pas de bonnes raisons de présumer de ce que le fond serait moins sera bon, moins consistant, moins sérieux et moins pertinent?

Sur le fond, le plan d’action du gouvernement a manqué de faire l’historique et de souligner les causes de l’insuccès du/des plan(s) des gouvernements précédents dans l’atteinte des nobles objectifs de développement national, dans un cadre global. C’est le minimum qu’on pourrait demander ! En plus, il  aurait pu aussi mentionner, dans un chapitre approprié et dédié, les cadres juridiques, politiques et institutionnels qui sous-tendent la rédaction du document. Loin d’être un professionnel chevronné de la planification, le document pourrait avoir été mieux produit.  

Une gouvernance opaque ! 
Dans le libellé actuel du PAG, le gouvernement s’est attardé sur la reddition de compte des collectivités locales beaucoup plus que sa propre reddition de compte ainsi que ses stratégies devant permettre au peuple de le suivre. On aurait souhaité avec plus d’éléments sur cet aspect de la gouvernance centrale ! Qu’on ne s’en trompe guerre : le point de presse des conseils des ministres, même déjà opaques dans son contenu, la nouvelle tendance d’utilisation des réseaux sociaux par le gouvernement pour sa communication, ne sauraient remplacer un mécanisme de reddition de compte complet sur les avancées de notre pays vers le progrès. D’ailleurs, le fameux plan d’action du gouvernement ne fait que confirmer les soupçons qu’ont fait naitre la décision de suspension des contrats des médias privés pour la communication du gouvernement. Et même si la super direction que dirige Edouard Loko devrait s’en charger, 7 mois auraient déjà suffit pour la faire fonctionner adéquatement et éviter des publications uniquement sur les réseaux sociaux de certaines décisions ou leur clarification.

Somme toute, le «programme d’action du gouvernement 2016-2021» a manqué d’incorporer la valeur «excellence» professionnelle dans sa planification, conception, rédaction et publication. Si le gouvernement Talon veut donner l’impression de maitriser la gestion d’un pays et nous amener à bon port, il va lui devoir revoir sa copie, et maintenant. La confiance n’excluant pas le contrôle, on ne peut excuser les ministres Koupaki et Tchané d’avoir trop fait confiance en leurs plus proches collaborateurs pour ne pas «re-parcourir» le document final avant sa publication. On peut tromper les profanes, mais il y a des signes qui ne trompent pas lorsqu’une certaine dose de désinvolture s’invite dans la gouvernance. Koupaki et Tchané ont leur honneur à y jouer, et nous ne dormirons pas !  


21 avril 2016

Appel à candidature: Dialogue Annuel de la Jeunesse - MINDS 2016


L'Institut Mandela pour les Etudes du Développement (MINDS) est heureuse d'annoncer les dates du Dialogue Annuel de la Jeunesse MINDS 2016 sur les élections et la gouvernance qui se tiendra à Dar es Salaam, Tanzanie, le 3 et le 4 Août 2016.

Le Dialogue de la jeunesse de MINDS est un rassemblement annuel des jeunes leaders africains qui ont démontré un engagement envers le développement de l'Afrique, l'implication pratique dans les élections et la gouvernance ainsi que la capacité à mobiliser d'autres jeunes vers un objectif fixé. A chaque dialogue, nous facilitons les conversations entre les 100 jeunes, issus de tout le continent et les dirigeants africains expérimentés dans le but de parcourir les idées et propositions sur le genre d'Afrique que les jeunes peuvent aspirer à créer pour eux-mêmes. 
Les participants âgés de 18 à 45 ans seront sélectionner de toutes les régions d'Afrique (Nord, Ouest, Centre, Est et en Afrique australe) sur base des critères fixés. MINDS est intéressé à identifier les participants qui font un travail significatif dans les pays et les communautés respectifs.
MINDS prendra en charge tous les coûts directs lier à la participation au le Dialogue.
Les candidats retenus pour participer au dialogue recevront un email de notification de la part de MINDS au plus tard le vendredi 3 juin 2016. Si vous avez fait votre demande et que vous n'avait pas reçu de communication de la part de MINDS d'ici cette date, considérez que votre demande a été infructueuse. Vous êtes plus que bienvenue à postuler pour les prochains événements de MINDS. 

Les demandes de candidatures seront fermées le 6 mai 2016 à 17 heures (SAST). Les demandes tardives ne seront pas considérées.

07 avril 2016

#Bénin: Les non-dits du 1er gouvernement de Patrice Talon

Au soir de son investiture le 06 Avril 2016 et conformément à la constitution du 11 décembre 1990, le Président Patrice Talon a levé un coin de voile sur la composition de son gouvernement, tel que promis. Sans qu'il soit important de rappeler ici la composition, on pourrait néanmoins relever parmis les 21 membres, la présence d'anciens ministres du feu président Mathieu Kérékou, d'anciens ministres du désormais ancien président Boni Yayi, de nouvelles têtes issues de la diaspora, et 3 femmes. Sans surprises, l'équipe gouvernementale n'a point tenu compte ni de la parité homme-femme, ni de la représentation régionale du pays et ne comporte aucun poste qui pourrait faire l'objet de discussion sur sa constitutionnalité ou non (je veux parler de poste de Premier Ministre). S'il faut saluer le génie du président Talon pour avoir pu "caser" les Titans que sont Abdoulaye Bio Tchané et Pascal Irenée Koupaki dont les états-majors se disputaient les places de pilier du gouvernement, il ne fait l'ombre d'aucun doute que le Ministre Sehouéto a été  requinqué, fait ministre 10 ans qu'il ait occupé une position pareille et Barnabé Dassigli rappeler aux affaires après ses longues vacances sur le devant de la scène.



Talon sur les pas de Yayi?
Pendant que beaucoup l'attendaient pour êre faite aux environs de 16h, l'annonce tardive du gouvernement peut faire rappeler Yayi Boni en 2006 qui fit pareille. Serait-ce pour garder le suspens longtemps ou pour paufiner la liste? Toujours est -il que la procédure de l'avis consultatif du Bureau de l'Assemblée Nationale devrait être respectée après que la fête de la célébration de l'investiture soit terminée. Autre aspect, c'est la taille relativement moyenne de l'équipe. On pourrait se rappeler que Yayi avait passé de gouvernements de 23/24 membres à 31, puis, avec la présence d'un Premier Ministre. Mais pour Talon, nous n'en sommes pas encore là. De toute façon, il pourrait recevoir la pression de la "vaste" majorité présidentielle en composant son second gouvernement, propablement en décembre 2018/janvier 2019, ou plus tôt selon l'enjeu et les développements politiques. Mais, quels sont les non-dits de l'équipe Talon?

Les plausibles non-dits de la composition du 1er gouvernement de Talon
Comment pourrait-on interpreter la  présence de Candide Azanai, acteur majeur de l'historique "K.O" de 2006, de Sacca Lafia et de Lazare Sèhouéto? Avant tout propos, il faut rappeler quelques principes clés au système Talon: (1) On ne peut pas rejeter l'expérience d'éminentes personnalités qualifiées dans leur domaine d'activité, pour le seul motif qu'on ne veut plus "prendre les mêmes et recommencer" et cela, le désormais Ministre Candide Azannaï l'avait rappelé. (2) La notion de technocracité ou de "l'homme qu'il faut à la place qu'il faut" ne peut ou ne doit nullement signifier qu'un médecin ne peut bien assumer le département ministériel des affaires étrangères par exemple! Et le cas Nassirou Arifari Bako, géographe n'a pas démérité à son ancien portefeuille des affaires étrangères! Maintenant les non-dits.

1- Candide Azannaï, Minsitre délégué chargé de la Défense. Sa présence doit être vue sous plusieurs angles. (1) HOMME DE MAIN: Ledit ministère doit être dirigé par un homme de main, et le philosophe "moraliste" en est bien un, pour avoir été le directeur de campagne. La tâche que lui incombe son poste, demanderait qu'avoir une dialogue franc avec les forces armées, nourri par son expérience. Ce positionnement s'assimilerait à celui de Sévérin Adjovi, commerçant de son état, qui occupa ce poste sous Kérékou en 1996, sans être de la grande muette et qui marqua son passage.  Même si le scandale des treillis militaires l'éclaboussa, il en demeure pas moins, selon mes informations, que les militaires furent satisfaits de son administration en général.  (2) REFORME: On se rappelle bien, lors de son débat télévisé, en prélude au second tour, le Candidat Patrice Talon avait émis le voeu de "Transformer" le role de l'Armée pour devenir plus republicain et plus focalisé sur la sécurité des personnes aux cotés de la police nationale. Et pour cela, celui qui porte plus le projet de société, après le candidat même, est bel et bien le philosophe. (3) ROLE POLITIQUE: En étant relativement le plus "délégué" de tous, Candide Azannaï aura une vue sur la MAJORITE PRESIDENTIELLE qu'il pourrait diriger bientôt avec son expérience et, surtout, parce qu'il était le premier, sinon l'un des premiers, à croire en la candidature de Talon.

2- L'entrée de Lazare Sèhouéto se justifierait par le seul fait qu'il a été pratiquement le seul dans l'Union fait la Nation à avoir mouillé le maillot pour Talon. Sa mission dans l'équipe serait de devenir le pilote politique de Talon dans les Zou-Collines à partir de Djidja pour annexer toutes les zones non acquises directement à Talon et appartenant aux autres alliés de la coalition Rupture. Cela pourrait dire qu'à l'heure actuelle, Patrice Talon prépare une autonomie face à ladite coalition afin d'assurer une majorité écrasante pour les élections législatives de 2019. Et pour ce faire, Barnabé Dassigli, Ancien Préfet de l'Atlantique et du Littoral et redoutable concurrent de Valentin Aditi Houdé, se chargera du sud et Sacca Lafia sera le pion dans le Nord appuyé par Modeste Kérékou et autres. Mais au delà de l'aspect politique, Lazare Sèhouéto a bien d'expérience à faire valoir pour avoir déjà occupé le poste sous Kérékou.

3- Nomination de Joseph Djogbénou au Ministère de la Justice: La possible erreur de Talon? Voici bien une question qui mérite réflexion! Cela pourrait bien être une gravissime erreur pour plusieurs raisons: (1) Bien que l'homme soit de la maison justice, il y a de forte chance que la guerre entre la magistrature et un ministre-Avocat, connue au temps de Marie-Elise Gbedo, continue. (2) L'homme est l'avocat personnel de Talon. Non seulement il y a ici un sérieux conflict d'intérêt  mais aussi sa nomination pourrait signifier que Patrice voudrait faire vider ses affaires et procéder à l'exécution des décisions de justice en sa faveur et en faveur de ses entreprises en procès contre l'état. Et si cela est le cas, le chantre du Nouveau départ vient de commettre une erreur monumentale qui va à l'encontre de la morale et de l'éthique! Et toute personne qualifiée pourra saisir la Cour Constitutionnelle pour se prononcer sur la question! Plus encore, sur le terrain, la résistance des magistrats pourrait avoir lieu ou s'accentuer pour se muer en grève perlée.
Par contre, si le Ministre-Professeur-Avocat-Député-Président d'Alternative Citoyenne-Ancien Président de la FNEB, etc... Joseph Djognenou s'occupe plus de l'aspect Législation, on pourrait voir son positionnement comme étant la volonté manifeste du Président de faire l'exquisse des reformes, sous la coupole de Djogbénou et les faire adopter par la majorité qu'il se fera à l'Assemblée Nationale. Et plus précisement, la réforme constitutionnelle devant passer par voie référendaire, l'appui politique et concerté de Azannaï, de Sèhouéto, Sacca Lafia, Dassigli sera plus que nécessaire.

3- Je pense, pour ma part, qu'il n'est point besoin de s'attarder sur la nomination des Ministres Dassigli (expérimenté dans les affaires de gouvernance locale), Abdoulaye Bio Tchané (un expert des institutions financières des Nations Unies et de la BAD), Pascal Irenée Koupaki (un administrateur fin qui a connaissance des grands dossiers de la république), Adidjatou Mathys (une administratrice aussi mais dont la nomination s'apparente à un remerciement pur et simple) et Alassane Seidou (un practicien de la santé, quoiqu'un practicien ne fait pas toujours bon administreur des questions sanitaires).

4- Quant aux nouveaux venus qui ont dans leur rang des étrangers à l'admnistration béninoise, il faudra que le Président Patrice Talon s'assure de les faire assister (DC et SG) par des ressources locales qualifiées. Il convient de saluer l'arrivée des Ministres des Finances Romuald WADAGNI ( un diplomé de Havard qui pourrait faire la fierté de la jeunesse et relever les finances, et défier les coutumiers banquiers de la BCEAO qui ont occupé le poste sous Yayi), Aurelien Agbénonci (connu dans le système des Nations Unies pour son expérience dans la diplomatie du développement) et de Oswald Homeky (actuel Ministre de la Jeunesse, un porte-flambeau de la jeunesse de Cotonou, que nous espérons voir plaider pour l'application pure et simple de la charte africaine de la jeunesse, ratifiée par le Bénin, pour le bien de toute la jeunesse).

5- Du reste, on devra attendre de voir chacun à l'oeuvre avec l'objectif de nous embarquer pour du vrai nouveau départ.

Dieu bénisse le Bénin!