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mardi 30 janvier 2018

Sommet de l’UA: Comment Patrice Talon et Aurelien Agbénonci ont vendu moins cher le Bénin à Addis-Abéba

Enfin ! Le Président Patrice Talon a, pour sa première fois, participé aux travaux de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine. Depuis sa prise de fonction, bien que le Président béninois ait eu des attaches avec certains présidents africains, notamment le Rwandais Paul Kagamé, le togolais Faure Gnassingbé et l’ivoirien Alasane Dramane Ouattara, il avait raté l’occasion en or de se présenter à ses pairs africains pour bénéficier de leur estime et de leur soutien politique pour son mandat. Mais faisons preuve d’indulgence à son égard puisque sa santé n’a pas du tout aidé quand il avait manifesté son ardent désir d’être au sommet de juillet 2017 pour se rattraper.  

Curieusement, il me semble (et c'est l'avis de beaucoup, y compris des non-béninois) que le Président Patrice Talon n’a pas été assez préparé pour s’introduire auprès de ses collègues de la Conférence des Chefs d’Etat. Cela s’est noté dans sa brève allocution (cliquer ici pour la suivre). 

En fait, qui suis-je moi pour voir d'un oeil critique, en toute objectivité et en fonction des petites connaissances que j'aies de ce domaine, cet état de chose ? Personne, un simple jeune béninois « taloniste inconditionnel» soucieux de voir son pays rayonner dans l’arène politique africaine ; un simple jeune béninois perfectionniste qui a passé 5 ans dans le milieu politico-diplomatique à Addis-Abeba, capitale politique de l’Afrique ; un jeune béninois qui a quand même servi et travaillé avec 4 ambassadeurs dont 2 des Etats-Unis d’Amérique (à un poste d’offensive diplomatique du département d’Etat américain et de l’USAID en conjonction avec l’Union africaine), un ambassadeur béninois et un autre guinéen pendant même que la Guinée était présidente en exercice de l’Union africaine.

Comment Patrice Talon et la délégation auraient-ils mieux vendu le Bénin ?

-          Une impréparation apparente 
Il parait que le Président Talon a été pris du coup et qu’il ne savait pas qu’il allait faire un discours d’introduction ! Je crois savoir qu'il est de culture ou coutume de l’UA que tout président élu entre différentes sessions, soit présenté à la Conférence. Donc Patrice Talon devrait avoir été briefé par les personnes compétentes sur cela. Mieux, le Ministre Agbénonci devrait avoir été préparé puisqu'il a conduit la délégation à deux Sommets : Juillet 2016 (kigali), Janvier 2017 (Addis-Abéba). Et si par extraordinaire celui lui a échappé, notre Ambassadeur, Représentant permanent du Bénin auprès de la Commission de l’UA devrait s’en souvenir et préparer un discours (parce que on ne sait pas jamais), en plus d’en faire mention dans sa note d’orientation du Sommet.

-         Un discours non écrit
En cette matière, il est dangereux pour le Président Talon d'avoir un style libre surtout lorsqu’il s’agit d’une adresse aux Chefs d’Etat et que Patrice Talon n’est pas un politicien pur et dur! Ou tout au moins, les points de son intervention devraientt être écrits sur papier pour lui permettre d’avoir une « meilleure » suite dans les idées et de faire facilement mouche. Si le Président Talon n'a pas fait de discours parce qu'il a été pris de surprise, pourquoi les Présidents libérien et angolais ne l'ont pas été?

-          Une allocution qui pourrait avoir été historique
Dans son allocution, Patrice Talon aurait pu rappeler à son audience que depuis l’avènement de l’Union africaine en 2000, le Bénin a été très actif notamment dans l’élection de l’ancienne Présidente de la Commission de l’UA, dans un contexte particulièrement marqué par la méfiance et l’immobilisme institutionnel mélangé au manque de confiance et que cette élection avait permis de faire élire une femme pour la première fois à la tête de l’institution et d’engager, subséquemment, la promotion des femmes à tous les niveaux. Il devrait rappeler que le Bénin a fait partie des tous premiers pays à s’inscrire au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) et qu’il a fait des progrès depuis lors dans sa gouvernance (même s’il n’avait pas de preuve à apporter) et que la lutte conte la corruption est son cheval de bataille depuis son accession au pouvoir.

Le président dans son allocution aurait dû faire cas de la foi et de la détermination du Benin à promouvoir le panafricanisme. Il aurait marqué les esprits en disant que, quoiqu'il n'arrivait pas à participer aux sommets, il a sauté depuis Septembre 2016, les barrières de visa à tous les citoyens africains pour une durée de 3 mois et qu’il invite alors tout le monde à explorer les opportunités de commerce et d'investssements au Bénin! Cela aurait réussi à attirer des applaudissements de l’audience et augmenter sa cote de popularité ! Dans le milieu diplomatique, réussir à avoir autant d'applaudissent possible de la part de l’audience est une indication de ce que sa sortie politique est réussie, modestie mise à part !

L'idée que le Ministre des affaires étrangères aurait exploiter pour rattraper les choses, c'est immédiatement de programmer une conférence de presse, à défaut de sortir une note diplomatique rédigée en moins de 2h de temps par les cadres et la faire circuler dans les médias présents à la conférence de presse (et Dieu sait que les 60+ médias présents en raffoleraient) ! 

Au demeurant, c'est vrai je n'ai pas fait la diplomatie à l’ENAM et que mes quelques cours de DRI à la faculté de droit ne m'en donnent guère les aires! Les aptitudes de diplomatie s’acquièrent aussi sur le terrain ! De plus, travailler dans les organisations internationales, fussent-elles les Nations Unies, ne veut pas forcément dire qu’on en maitrise tous les contours! Le Bénin a besoin d’aller à l’école des anglophones, surtout que le pays a manqué l’opportunité d’installer l’Institut de renforcement des capacités des diplomates, tant prôné par le Professeur Okanla, ancien ministre des Affaires étrangères !


Nota bene : Cet article est juste mon point de vue et n’a aucune connotation politique, ma personne n’appartenant à aucune obédience ou chapelle politique ! 

mardi 3 octobre 2017

Tirer pleinement profit du dividende démographique dans la région du Sahel: Contribution de Zayrah Sahel


Le 30 Septembre 2017, s’est tenu le premier numéro des « Samedi du Sahel » à l’Institut Africain de Management (IAM) de Dakar, Sénégal. Organisé par Zayrah Sahel, le sujet de cette causerie-débat était : « Comment tirer profit du dividende démographique dans la région du Sahel pour renforcer sa gouvernance ?». Elle entre dans le cadre du thème de l’année,de l’Union Africaine, intitulé: « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ». Elle a connu la participation des organisations de jeunesse des pays du Sahel présents à Dakar, d’universitaires, d’activistes et de journalistes.

La diversité des participants composée en majorité de jeunes et la participation active aux discussions ont démontré combien crucial est la question du dividende démographique et de sa gestion pour une meilleure gouvernance dans la région du Sahel. Modéré par M. Michaël MATONGBADA (Coordonnateur de Zayrah Sahel), le panel de discussion était constitué de M. Cheick SECK (Economiste-Planificateur), Mme Fanta DIALLO (Sociologue, activiste et blogueuse à GalSenCitizen) et M. Babacar NDIAYE (Chargé des opérations, WATHI Think Tank). 

Les échanges ont débuté par une présentation de l’objectif visé par les « Samedi du Sahel » qui se veut être une plateforme de réflexion où les jeunes s’approprient des questions d’importance majeure pour la région et mettent leur créativité au service de la résolution de ces défis, et ce, dans le cadre des responsabilités de la jeunesse africaine contenues dans l’article 26 de la Charte Africaine de la Jeunesse. Les échanges ont permis de démystifier le terme : « dividende démographique » et ont progressivement permis d’établir son lien très étroit avec la gouvernance. 

En effet, il a été démontré au cours des débats que face à la proportion relativement grande de la population en âge de  travailler que connaît les pays du Sahel et le Sénégal (comme les autres pays de l’Afrique), il faut pouvoir en saisir l’opportunité, au risque qu’elle devienne une menace. 

Et pour cela, la réponse des Etats concernés, des communautés économiques régionales, des acteurs de la société civile, du secteur privé et de la jeunesse est très importante. Les jeunes présents ont pris la mesure de l’urgence, et à cet effet, ont exprimé leur engagement à s’investir davantage dans la création de richesse et d’emplois dans leurs pays mais également de contribuer au renforcement de  la coopération économique régionale et à l’autonomisation des jeunes. 

De nombreuses recommandations ont été adressées à l’endroit des décideurs nationaux, régionaux et internationaux, notamment :
  •  Améliorer l’éducation à travers une éducation de qualité pour tous, en adéquation avec le marché de l’emploi;
  • Réduire la proportion de jeunes sans emploi à travers la création d’entreprises et d’emplois durable ;
  •  Valoriser le secteur privé local des pays de la région car il contribue fortement au secteur public ;
  •   Renforcer la coopération régionale et nos Communautés Économiques Régionales afin d’en tirer pleinement profit pour une meilleure gouvernance (politique, économique, sociale) de nos pays ;
  • Investir dans la santé et le bien-être des jeunes et des femmes ;
  • Renforcer les capacités des jeunes pour leur permettre une meilleure contribution à la gouvernance dans leurs pays et une autonomisation.

En conclusion, cette conférence-débat a montré l’intérêt de la question pour les jeunes de la région et des membres de la société civile mais également le défi qu’il constitue pour nos Etats et le bien-être de ses populations. Il est important d’informer et de sensibiliser la jeunesse sur cette question que bon nombre ignorent et considèrent illusoire. La pléthore de questions a montré que cette thématique devrait être amplement discutée et les actions en cours par les Etats de la région du Sahel et le Sénégal devraient être exposées à la connaissance de la population et les efforts doivent être consolidés.

Un article de l'Equipe Zayrah Sahel

jeudi 28 septembre 2017

Gouvernance: Pourquoi le Sahel (et le G5 Sahel) doit compter sur sa jeunesse pour mieux se porter!


Copyright: RFI

Depuis sa création en Février 2014 par cinq États du Sahel : Burkina Faso,  Mali, Mauritanie, Niger et Tchad, le G5 Sahel se met progressivement en place. Le G5 Sahel ou « G5S » est dit être : « un cadreinstitutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale enmatière de politiques de développement et de sécurité »




Bien que tous ces pays appartiennent déjà à des ensembles régionaux différents, le G5 Sahel était facile à réunir, en fonction d’une homogénéité entre ses peuples et la position géostratégique de la région qui se veut être le nid de la radication de la jeunesse africaine favorisant ainsi le développement d’activités terroristes. La région offre malheureusement la facilitation de l’émigration des jeunes ouest africains vers l’Europe, par les routes méditerranéennes, sans oublier que le Sahel connaît des conflits ethniques latents et une insécurité grandissante née de plusieurs facteurs dont la question de la gestion d’eau, causée par les changements climatiques.

Avec une telle fragilité de ses Etats, l’examen des questions liées au dividende démographique semble devenir une priorité en Afrique pour, non seulement convertir la force et la poigne des jeunes (surtout lettrés) dans leur activisme pour un bien-être en une force ouvrière, mais aussi concentrer leurs efforts sur une approche plus globale de la gestion de la chose publique, au triple niveau de la gouvernance étatique: politique, économique et sociale.

Dans la quête des solutions pour une meilleure de gouvernance politique, la garantie de la pratique démocratique dans tout son ensemble, la réalité de l’alternance et de la transparence lors des élections, la promotion des droits civils et politiques les plus basiques sont autant de sujets qui pourraient positionner la jeunesse comme le plus fort maillon et avant-gardiste de la société. Le volontariat d’une jeunesse, si bien formée et engagée, peut aider à s’assurer que le droit de vote de tous les citoyens est respecté et sécurisé.

En matière de gouvernance économique, une plus grande part de la résolution des questions peut être dévolue à la jeunesse qui peut aider à trouver des solutions durables à la lutte contre les crimes économiques, développer l’économie rurale, renforcer l’efficacité de l’administration publique, réduire les dépenses liées à la santé publique (par exemple) tout en se basant sur leur sens d’imagination, d’innovation et de créativité.

Sur le registre de la gouvernance sociale, il est possible de réussir à convertir les jeunes, grands bénéficiaires des services sociaux de l'Etat, en acteurs, catalyseurs et leaders des initiatives de haute portée sociale, dans le sens d’une « auto-autonomisation » pouvant être dupliquée et élargie. Pour ce faire, la jeunesse de chaque Etat, qu’elle se trouve à l’intérieur du pays ou dans la Diaspora, pourrait faciliter un transfert de compétence et de valeurs qui véhiculent le travail, l’amour de la patrie, le sens de la collaboration, de la diversité et de la tolérance entre ethnies, classes et castres sociales.

Pour y arriver, il requiert, tout banalement, que la jeune génération actuelle, mieux que par le passé, s’approprie les questions d’importance majeure pour la région à laquelle elle appartient et prenne ses responsabilités, tel qu’exige l'article 26 de la Charte africaine de la Jeunesse. ! 

C’est dans ce contexte que loin des grands et sporadiques fora dont les résultats font encore attendre, Zayrah Africa, une Agence de développement créée et gérée par des jeunes africains, à travers sa coordination régionale « Zayrah Sahel », a pensé à une mobilisation CONSTANTE, MENSUELLE des jeunes de la Diaspora de la Région du Sahel, au cours des « Samedi du Sahel ». Le simple but de cette initiative est d’accroître durablement la participation et la contribution des jeunes aux efforts de gouvernance de leurs pays respectifs et de la communauté.



Pour sa première édition prévue le 30 de Septembre 2017 à Dakar à l’Institut Africain de Management (IAM), le « Samedi du Sahel » articulera les discussions autour de : « comment tirer profit du dividende démographique dans la région du Sahel pour renforcer sa gouvernance ». Ce sera une conférence – débat  suivie de propositions, de recommandations et surtout d’engagements des participants à aider, même à un niveau micro, à l’édification d’une meilleure gouvernance, tant politique, économique que sociale, au sens de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance.

Ce numéro 1 des « Samedis du Sahel », qui regroupera des membres de la société civile, d’universitaires, de chercheurs, d’autorités politiques et étatiques et d’organisations de jeunesse de la région du Sahel et du Sénégal, permettra de proposer des recommandations pertinentes à l’endroit des décideurs pour une meilleure capture du dividende démographique dans la région afin de renforcer sa gouvernance.

Il faut souligner que ce sujet de discussion entre dans le cadre du thème de l’année 2017 de l’Union africaine, intitulé : « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ».


Zayrah Sahel est membre de la société civile Ouest et est basée au Sénégal. Il fait partie du réseau de Zayrah Africa basé en Afrique du Sud et présent en au Mozambique, en Tunisie, au Bénin et au Cameroun (à travers Zayrah Foundation). Pour de plus amples informations, veuillez contacter le Coordonateur de Zayrah Sahel, Monsieur Michael MATONGBADA par email : info.zayrahsahel@gmail.com ou par téléphone : +221 77 476 79 46.